A-t-on la gâchette plus facile à Montréal-Nord?

SOURCE: LCN

Les policiers œuvrant dans l’arrondissement de Montréal-Nord seraient plus enclins que leurs collègues du reste de la ville à dégainer leur arme de service, si l’on se fie à Anthony Clavasquin et aux avocats représentant le camp des victimes à l’enquête publique du coroner sur la mort de Fredy Villanueva.

Lundi, à l’occasion de sa dernière journée à la barre des témoins, alors qu’il était interrogé par l’avocat de Jeffrey Sagor Metellus, Clavasquin a révélé qu’un policier avait braqué son arme en sa direction, il y a un peu plus de deux semaines, lors d’un incident qui serait survenu dans le quartier et dont les circonstances sont demeurées extrêmement nébuleuses. Le témoin n’a toutefois pas été blessé.

Auparavant, Clavasquin, questionné par Me Alain Arsenault, a raconté que l’agent Jean-Loup Lapointe l’avait brièvement pointé avec son pistolet lors de la fusillade funeste du parc Henri-Bourassa, le 9 août 2008, ce qui l’a laissé fortement secoué encore aujourd’hui. Avant l’événement, personne ne l’avait jamais visé avec une arme à feu.

Avant que Me Arsenault ne puisse explorer plus en profondeur les tenants et aboutissants du plus récent incident évoqué par Clavasquin, l’avocat de la Ville de Montréal, Me Pierre-Yves Boisvert, s’est levé d’un bond pour protester contre la lignée de questions de son collègue, affirmant que ce dernier avait délibérément attendu que les avocats du camp policier aient terminé leurs contre-interrogatoires, de sorte qu’ils ne puissent pas questionner Clavasquin sur le sujet.

Une coutume?

D’objection en objection, Me Arsenault a fini par rétorquer qu’il désirait savoir «si c’est la coutume à Montréal-Nord» pour les policiers d’utiliser plus fréquemment leur arme de service afin de pointer les suspects qui sont interpellés. «On veut intimider une partie de la population à Montréal-Nord […] Il serait important que les policiers ne sortent pas leur arme pour tout et pour rien», a-t-il poursuivi.

Le représentant de la Coalition contre la répression et les abus policiers (CRAP), Alexandre Popovic, en a rajouté en martelant que selon les informations qu’il a recueillies, c’était même une «habitude» pour les patrouilleurs du quartier de «mettre en danger la vie des citoyens».

Le coroner André Perreault a toutefois mis un terme au débat en refusant d’examiner plus en profondeur l’incident qui était soulevé, expliquant que s’il permettait l’exercice, il «ouvrirait la porte pour établir que tous les événements qui se sont produits depuis le 9 août 2008 sont pertinents et mériteraient d’être analysés.» Il a donc été impossible de connaître le fond de cette curieuse histoire.

Le témoignage de Clavasquin étant terminé, l’enquête reprendra mardi matin avec le début du témoignage de Jonathan Senatus, un autre jeune qui était présent lors de la fusillade ayant coûté la vie au jeune Fredy Villanueva.

(Agence QMI)

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