Jamais la vie du policier n’a été en danger, réitère l’un des témoins

Source: Le Devoir

Jeffrey Sagor-Metellus nie faire partie d’un gang de rue

Un des principaux témoins de la mort de Fredy Villanueva a réitéré hier que le policier Jean-Loup Lapointe n’avait aucune raison de craindre pour sa vie et d’ouvrir le feu, le 9 août 2008 à Montréal-Nord.

Jeffrey Sagor-Metellus, atteint d’une balle au rein, ne comprend toujours pas pourquoi l’agent Lapointe a tiré dans sa direction et celle de Fredy Villanueva et Denis Meas (blessé à l’épaule).

«À aucun moment j’ai senti que sa vie était en danger», a dit hier Sagor-Metellus à l’enquête du coroner sur la mort de Villanueva. À son souvenir, il ne s’est jamais approché de Lapointe et il n’a jamais cherché à le désarmer. S’il avait une seule recommandation à formuler au coroner ad hoc, André Perreault, ce serait de «renvoyer» Jean-Loup Lapointe du Service de police de Montréal (SPVM).

La crédibilité de Sagor-Metellus a encore suscité de nombreuses questions hier. Le SPVM considère qu’il fait partie du gang des Bloods (rouges), une information niée par le principal intéressé. «Moi, je ne connais aucun membre des gangs de rue», a-t-il dit de façon nonchalante.

Sur de nombreuses photos versées en preuve, Sagor-Metellus fait des signes de main distinctifs aux membres des rouges. Un rapport de police confirme qu’il a été arrêté, en mai 2007, en compagnie de revendeurs de drogue de Montréal-Nord qui se réclamaient ouvertement du gang des rouges devant les policiers.

Aveu surprenant

Le jeune homme a passé toute sa vie à Montréal-Nord, mais il se dit incapable de parler de l’univers des gangs. «Je ne connais pas de gang de rue à Montréal-Nord, je ne cherchais pas à les connaître», a témoigné Sagor-Metellus.

L’aveu a d’autant plus surpris les avocats de la police que Sagor-Metellus a lui-même vendu de la marijuana durant la majeure partie de son adolescence, bien que sa mémoire des faits et des dates est d’une remarquable imprécision à ce sujet. Mis à part le surnom de son revendeur, il n’est pas en mesure de dire quand, où ni pendant combien de temps il a vendu de la drogue.

Chose certaine, ses activités illicites ont cessé après qu’il eut été impliqué dans la tragédie de Montréal-Nord, en août 2008, assure-t-il.

L’avocat de la Fraternité des policiers, Michael Stober, a jugé frustrante cette amnésie du témoin, dont plusieurs réponses, en contre-interrogatoire, étaient faites d’un amalgame de «je m’en fous» et de «je ne m’en souviens plus».

«C’est très facile pour un témoin de toujours répéter “je ne sais pas”, “je ne m’en souviens pas”», a déploré Me Stober.

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